La navigation dans les parages de l’Antarctique est extrêmement technique, du fait de la glace et du mauvais temps. Très fréquemment le bateau ne peut avancer qu’à petite vitesse, contournant les icebergs, avec un équipier dans la mâture pour guider le barreur. Les escales sont rares, car il faut trouver une baie à l’abri des growlers et de la mer. A tout moment, le bateau peut être obligé d’appareiller pour éviter d’être écrasé par la glace. Il faut parfois s’éloigner au large, pour revenir quand le temps le permet. La veille est permanente. Le programme ne peut donc être qu’indicatif et sera adapté en fonction des conditions climatiques.

A ce jour, deux itinéraires possibles sont à l‘étude, le choix se fera en fonction des impératifs éventuels des recherches menées par le CNRS.

Quoiqu’il en soit, ils concernent la même zone (voir carte itinéraires en vert et en rouge), avec des variations de quelques escales.

 
 

Dans tous les cas:

   Départ d’Ushuaia, ville la plus australe du monde au sud de l’Argentine.

   Visite à l’île Eléphant: haut lieu de l’histoire Antarctique, cette île du Nord des Shetlands du Sud fut le refuge de l’équipage de l’« Endurance » de Shackelton, après que leur bateau a été écrasé par la glace en mer de Weddell. Sans assistance, sans radio, après une odyssée de plusieurs mois sur la banquise, l’expédition affamée, atteignait cet îlot. Shackleton en reparti avec une barque, pour aller, à travers l’océan le plus terrible du monde, chercher du secours en Géorgie du Sud. Tous les marins survécurent.

   Mer de Weddell: cette partie de l’itinéraire sera la plus périlleuse. Cette gigantesque baie, face à l’Atlantique est encombrée de glaces. Nordenskjöld y vécu en 1903 une année d’aventures extraordinaires, leur navire broyé par les glaces, l’expédition coupée en trois, chaque groupe réussit à survivre, dans des conditions hallucinantes au cœur de l’hiver austral, tout en continuant ses observations naturalistes.

   L’Ile de King Georges : aujourd’hui la base de nombreuses représentations scientifiques des pays signataires du Traité sur l‘Antarctique. Cette escale sera programmée pour une rencontre éventuelle avec le navire océanographique qui effectuera, au même moment, pour le compte du CNRS, des mesures dans le détroit de Drake.



   Départ d’Ushuaia, ville la plus australe du monde au sud de l’Argentine.

   Port Locroy / Petermann : cette zone de la péninsule antarctique a été le théâtre des expéditions de Jean Baptiste Charcot. Le « gentleman polaire » y hiverna deux fois, avec un navire à voiles et réalisa un incomparable travail scientifique, malgré de nombreuses difficultés.

   Baie Marguerite : c’est la plus australe qu’il est possible d’atteindre avec un petit voilier. Elle possède encore des bases scientifiques datant de la première moitié du XXème, témoins de la vie des chercheurs de l’époque.

   Ile Déception : grand rendez-vous des chasseurs de baleines de la fin du XIXème et du début du XXème, cette île est un volcan effondré à l’intérieur duquel on peut pénétrer, offrant dans des paysages spectaculaires, d’immenses colonies de manchots et des restes de bases baleinières.

Les escales seront l’occasion d’aller à terre, en skis ou en raquettes, puisque l’Antarctique n’offre pas de surface déneigée. Sous la surveillance d’Agnès, pour la sécurité, les membres de l’expédition pourront découvrir les paysages de l’arrière pays, retrouver les traces des explorateurs et baleiniers, procéder à des expériences scientifiques, filmer et photographier, dans le respect de la faune sauvage.

L’observation de la faune sauvage, oiseaux, manchots, phoques …..est particulièrement riche en cette période estivale.

L’expédition n’est pas prévue pour faire de la haute montagne. Mais les sommets de taille raisonnable qui bordent la péninsule pourront être l’occasion de randonnées à ski qui permettront de découvrir des paysages inoubliables vus de haut.

L’itinéraire sera choisi et adapté en fonction des besoins de la recherche, de conditions climatiques et des aléas de la navigation dans les glaces.